CHAPITRE TRENTE-HUIT

« Ça ne me plaît pas, Maxime, dit Damien Dusserre. Ça ne me plaît pas du tout.

— Il me semble que vous ne me voyez pas non plus sauter de joie sur les mains, renvoya avec aigreur le Premier ministre Maxime Vézien.

— Bon Dieu ! Je savais depuis le début que c’était trop beau pour être vrai », grommela Dusserre.

Vézien éprouva une forte envie d’assener un coup de poing sur le nez de son ministre de la Sécurité mais la réprima assez aisément. D’abord parce que Dusserre, plus jeune, plus grand, plus fort et bien plus robuste aurait alors sans doute entrepris de lui arracher les membres un par un sans anesthésie, mais surtout parce que c’était en effet le seul membre du gouvernement à avoir exprimé plusieurs fois des réserves quant à cette opération.

Ce qui ne l’a pas empêché de s’y engager, songea Vézien, un peu agacé. Même s’il n’aimait pas ça, je ne l’ai pas entendu exprimer de meilleure idée.

En vérité, comme le Premier ministre en était conscient lorsqu’il était calme, s’il s’énervait si aisément contre son ministre de la Sécurité, ces temps-ci, c’était parce que Damien Dusserre était le beau-frère d’Andrieaux Yvernau, dont la brillante stratégie à l’Assemblée constituante avait propulsé le système de Nouvelle-Toscane sur la liste noire de l’Empire stellaire de Manticore. Vézien avait peine à réprimer l’ignoble tentation de faire payer sa frustration aux parents d’Yvernau – et il pouvait se dire que c’était en partie justifié, puisque c’étaient les relations familiales du jean-foutre qui l’avaient fait nommer chef de la délégation en Fuseau.

Oui, c’est vrai, se dit-il. Mais la vérité, Max, comme tu le sais très bien, même si tu refuses de l’admettre, c’est qu’Yvernau est un imbécile, d’accord, mais qu’un génie n’aurait pas non plus trouvé de bonne stratégie une fois ces salauds de parlementaires manticoriens montés sur leurs grands chevaux pour déblatérer à propos des « régimes locaux répressifs » de l’amas. Et retrouver cette salope de Méduse aux commandes n’a pas aidé le moins du monde non plus. Si seulement on avait réalisé où on allait quand ce fils de pute de Van Dort est venu nous expliquer quelle mine d’or représenterait l’annexion pour tout le monde… !

« Je sais que vous aviez des réserves, Damien, dit-il à haute voix, en lieu et place des réponses bien plus cassantes (et satisfaisantes) qui lui traversaient l’esprit. Mais, réserves ou pas, nous sommes où nous sommes, pas où nous aimerions être. Alors admettons donc tous les deux que la situation nous déplaît et faisons ce que nous pouvons pour nous en accommoder. »

Dusserre lui lança un regard amer puis prit une profonde inspiration et hocha la tête.

« Vous avez raison, admit-il.

— Bien. »

Vézien s’adossa dans son confortable fauteuil et regarda par l’immense verrière du plafond – l’un de ses apaisements favoris, qui lui rendait fraîcheur et énergie chaque fois que le poids de son office politique l’écrasait. Ce n’était pas un écran, pas une image artificielle recueillie par de lointaines caméras, c’était une authentique verrière de presque trois mètres de côté. Ses vitres à barrière thermique se configuraient automatiquement pour filtrer un soleil trop ardent ou, en d’autres conditions climatiques, semblaient presque disparaître. Lorsqu’il pleuvait, le bruit des gouttes – du léger tapotement au staccato endiablé – emplissait le bureau d’une apaisante impression d’énergie naturelle. Quand le tonnerre grondait dans le ciel, le Premier ministre observait l’artillerie de Dieu flamboyer dans des vallées noyées de brume, entre des montagnes que couronnaient des nuages. La nuit, il contemplait des cumulus illuminés par le clair de lune ou l’extraordinaire spectacle des lointaines étoiles brûlant si loin au-dessus de lui.

Pour le moment, hélas ! la vue de ces étoiles était bien moins réconfortante qu’à l’ordinaire.

« Penseriez-vous, Damien, demanda-t-il au bout de quelques secondes, que mademoiselle Anisimovna détient des informations que nous n’avons pas encore reçues ?

— J’ai toujours eu l’impression qu’elle poursuivait un but et exécutait des instructions dont nous ne savions rien – et qu’elle n’allait rien nous en dire. » Dusserre paraissait surpris par la question, comme si la réponse en était si criante qu’il s’étonnait que le Premier ministre l’eût posée.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. » Vézien baissa les yeux et regarda son compagnon plutôt que les étoiles. « Bien sûr que nous ne connaissons pas ses véritables instructions et qu’elle ne nous les communiquera pas. Si les rôles étaient inversés, nous ne lui dirions pas tout non plus, n’est-ce pas ? Ce qui m’ennuie pour l’instant, toutefois, c’est d’avoir l’impression qu’elle en sait plus que nous à propos de beaucoup de choses. » Il fronça le sourcil, cherchant les mots pour expliquer plus clairement où il voulait en venir. « Des choses que le reste de la Galaxie découvrira en temps voulu mais ne connaît pas encore. Des nouvelles, des histoires, des événements dont nul n’a encore entendu parler en Nouvelle-Toscane mais qu’elle intègre déjà à ses projets. »

Dusserre lui rendit son regard durant plusieurs secondes puis renifla.

« Je vous accorde qu’elle est d’une redoutable intelligence, Max. Et je vous rappelle qu’elle reçoit des courriers réguliers, par messager privé, de Mesa et de Dieu sait où, alors que nous sommes surtout dépendants des services d’actualités – lesquels ne considèrent pas vraiment devoir nous informer en priorité – pour savoir ce qui se passe dans la Galaxie. Alors, oui, elle sait sans doute un certain nombre de choses que nous n’avons pas encore découvertes. Mais ne nous laissons pas aller à la prendre pour une sorcière, d’accord ? Il est assez regrettable de n’avoir d’autre choix que de danser avec elle sans décider en plus qu’elle contrôle magiquement le répertoire de l’orchestre. »

Vézien grimaça mais ne poussa pas son argumentation. Sa question initiale était en partie rhétorique, de toute façon. Néanmoins… autant qu’il essayât, il ne pouvait se défaire du sentiment – de… l’intuition, peut-être – qu’Aldona Anisimovna avait toujours au moins deux pas d’avance sur quiconque en Nouvelle-Toscane, et il n’aimait pas cela du tout.

« Bref, dit-il, chassant d’un geste ses inquiétudes, je suppose que ce qui compte c’est de savoir si nous avons ou non les moyens de faire ce qu’elle désire aussi vite qu’elle le désire.

— Et aussi si nous plier à son programme révisé va nous permettre d’obtenir ce que, nous, nous désirons, répondit Dusserre. Même si je suis prêt à admettre que vous avez raison, que nous n’avons d’autre choix que de poursuivre cette stratégie, le minutage m’inquiète vraiment, Max. »

Son ton était froid, sobre et – ce qui était inquiétant – sincère, songea Vézien. En outre, comme à son habitude, le ministre de la Sécurité avait indéniablement raison.

« Nous n’étions pas censés en arriver là avant plusieurs mois, continua-t-il, et je regrette d’avoir affirmé à Anisimovna que nous pourrions achever si tôt que ça nos préparatifs.

— Ça n’aurait pas fait beaucoup de différence au bout du compte, dit Vézien, aussi réconfortant que possible. L’échange de messages entre ici et Péquod est trop rapide. Même si nous n’avions pas encore commencé à nous préparer, il ne nous aurait pas fallu plus d’une semaine ou deux pour tout organiser en partant de zéro. Franchement, une ou deux semaines ne feront pas une très grosse différence.

— Je sais, marmonna Dusserre, avant de gonfler les joues et de soupirer. Je sais, répéta-t-il plus distinctement. Je crois que je cherche juste des raisons de me botter le cul parce que j’ai assez la trouille pour me pisser sur les chaussures. »

Malgré lui, Vézien ressentit une brève sympathie pour cet homme qui venait d’admettre ressentir la même trépidation que lui.

« Je sais que les croiseurs de combat solariens étaient censés arriver avant qu’on ne lance cette phase de l’opération, dit-il doucement. Mais nous savons par d’autres sources que Byng se trouve bien dans le secteur de Madras. Anisimovna ne nous ment pas là-dessus. Autant que je me creuse la cervelle, je ne vois pas en quoi cela profiterait à Manpower qu’elle vienne nous manipuler pour qu’on retombe sur le cul, histoire que les siens se fassent encore allumer par toute la presse solarienne. Il y a peut-être une raison mais elle m’échappe ! Or, en supposant qu’elle veuille que nous réussissions, je ne vois pas pourquoi elle nous mentirait en disant que Manpower et Mesa pourront convaincre Verrochio de nous envoyer Byng en avance. Il faut donc qu’on accepte sa parole à ce sujet et qu’on agisse en conséquence.

— Génial. » Dusserre prit une longue inspiration. « En ce cas, il faut vraiment qu’on discute avec Nicolas et Guédon. Ce sont mes services qui ont établi l’essentiel de l’organisation, et choisir le vaisseau marchand n’a pas été aussi difficile que je l’aurais cru : tout est en place mais nous ne disposions pas des ressources hors du système mère pour préparer l’opération à l’autre bout. Il a fallu faire appel à la Flotte, et là, on est à peu près hors circuit. Puisqu’on a été obligés de laisser les spatiaux tout mettre en place, on va aussi avoir besoin d’eux pour appuyer sur la détente. »

Vézien hocha la tête. Le ministre de la Sécurité avait raison, bien sûr, et il ne serait pas si dur de mettre la main sur l’amiral Josette Guédon, chef des opérations spatiales de la Flotte de Nouvelle-Toscane. Joindre le ministre de la Guerre serait un peu plus ardu, toutefois, puisque Nicolas Pélisard avait choisi ce moment particulièrement inadapté pour rendre visite à sa famille dans le système de Selkirk. Il ne rentrerait pas avant encore une semaine, et son assistant n’avait pas été briefé sur l’opération. Cela n’avait pas paru nécessaire – ou, plutôt, il semblait que l’on eût largement le temps de le faire, tout comme Pélisard aurait dû avoir celui de terminer ses vacances. Par ailleurs, son assistant était un choix… discutable pour coordonner une opération secrète, quelle qu’elle fût.

« Je ne veux pas mêler Challon à ça, du moins pas sans en discuter d’abord avec Nicolas, dit le Premier ministre au bout d’un moment. Je ne le crois pas assez capable de garder un secret pour l’informer sans crainte. Mais Guédon sait déjà ce qui est censé se produire, non ?

— J’en ai discuté avec elle moi-même, acquiesça Dusserre. J’avais laissé à Nicolas les détails de l’organisation et la préparation convenable du vaisseau. C’est lui qui a les contacts nécessaires, après tout. Mais je sais qu’il lui en a parlé en tête à tête, donc elle est forcément dans le coup. D’ailleurs, la connaissant, elle n’aurait sans doute fait confiance qu’à ses propres services pour organiser ça.

— Très bien, je m’occuperai donc de la tenir au courant des changements, décida Vézien. Un des avantages d’être Premier ministre, c’est de pouvoir parler à qui on veut à peu près quand on veut. Avec Nicolas hors du système, personne ne sera surpris que j’aie besoin de m’entretenir avec le chef de l’état-major en personne.

— Ce qui ne nous dit pas ce qu’on va faire de Challon, hein ? » fit Dusserre. Comme son compagnon l’interrogeait du regard, il eut une grimace amère. « Je ne l’aime pas beaucoup, Max, je l’admets. Mais, vous, admettez qu’il m’a donné bien assez de raisons pour ça. S’il s’aperçoit que vous avez vu Guédon sans l’inviter, alors qu’il est temporairement perché en haut de son tas de fumier pendant l’absence de Nicolas, sa vanité exigera qu’il découvre ce que vous avez voulu lui cacher. Malheureusement, ce n’est pas un imbécile complet. Il a une fort bonne chance de mettre au jour assez de détails pour représenter un vrai problème s’il commence à les répandre. Et, s’il les découvre, il les répandra. Sûrement par l’intermédiaire d’un journaliste qui, selon lui, pourra lui valoir une image positive – et Dieu sait que c’est un défi que peu de mortels aimeraient relever ! »

Le scénario n’était que trop probable, songea Vézien. Armand Challon était en réalité très intelligent. En fait, il faisait fort bien son travail, ce qui était une des raisons (quoique pas la plus importante) pour lesquelles il était ministre de la Guerre suppléant. Toutefois il était d’une nature agressive, mesquinement vindicative, et il éprouvait le besoin invétéré de se gorger de l’admiration des autres. Ce qui était important pour lui était ce qu’il percevait comme tel, et il avait un penchant pour lâcher de petits morceaux – qu’il considérait comme des indices « mystérieux » – des dossiers dont il s’occupait. Cela constituait une matière à ragots de premier choix dans les réceptions qu’il honorait de sa présence, et les journalistes avaient appris depuis des lustres à tourner autour de lui en arborant des expressions convenablement admiratives. Raison pour laquelle on le gardait en général aussi loin que possible de tout secret primordial.

Par malheur, il était aussi le fils de Victor Challon, lequel contrôlait environ vingt pour cent des délégués de la Chambre supérieure du Parlement. Telle était la raison principale pour laquelle Armand avait été nommé à son poste.

Il y a des moments, songea Vézien, où je me dis qu’il serait vraiment plus simple – en tout cas plus facile – de laisser la populace prendre le pouvoir que de continuer à patauger dans cette mer sans fond de cousins, de belles-familles, de familles tout court, d’amis et de relations. De les laisser assécher la mare puis tirer sur les poissons qui se tortilleraient dans la boue. Il y aurait forcément au moins un petit gain en efficacité, non ?

« Si j’y suis obligé, j’en parlerai à Victor, dit-il. Je n’en ai pas envie mais, au moins, il est assez malin pour comprendre que nous devons conserver un secret absolu. Et, s’il est obligé de s’asseoir sur Armand pour le forcer à se taire, il le fera. Mais ne nous cherchons pas plus de problèmes que nécessaire. Avec de la chance, c’est un incendie qu’on ne sera même pas obligé d’éteindre.

— Avec de la chance, acquiesça Dusserre, un peu aigre.

— Quoi qu’il en soit, je m’entretiendrai demain avec Guédon. Comme vous, je ne vois pas comment Nicolas aurait pu tout organiser sans passer par elle. S’il s’avère qu’elle n’est pas directement dans le circuit, toutefois, je vous rappellerai et nous verrons à nous réorganiser. Au moins le minutage ne m’a-t-il pas l’air tout à fait critique. Nous pouvons en dévier de quelques jours dans un sens ou dans l’autre sans fâcher mademoiselle Anisimovna.

— Oh, mais comment donc ! fit le ministre de la Sécurité sur un ton cette fois assez aigre pour faire tourner du lait. Surtout ne faisons rien pour fâcher mademoiselle Anisimovna ! »

 

Le capitaine de vaisseau Gabrielle Séguin s’efforçait de paraître calme et maîtresse de soi lorsqu’elle glissa sa casquette d’uniforme sous son bras gauche et suivit le jeune lieutenant dans le bureau du chef d’état-major de la Spatiale.

Qu’elle n’eût pas été avertie de cette réunion avant de recevoir l’ordre de se présenter dans le bureau de l’amiral Guédon, cinquante-trois minutes standard plus tôt, n’était pas pour lui donner confiance. Certes, le croiseur léger Camille était une des unités les plus puissantes et les plus modernes de la Flotte de Nouvelle-Toscane, et Séguin recevrait sans doute son étoile de contre-amiral à la fin de sa présente commission. Ce n’était pas comme si elle avait été un lieutenant de fraîche date appelé dans la cabine du capitaine pour s’en faire forer un deuxième, se dit-elle.

Non, insista en elle une petite voix entêtée. Ça peut être bien pire et tu le sais.

Cette pensée réconfortante lui fit franchir la porte et la poignée de main rituelle, puis le lieutenant s’éclipsa et Séguin se retrouva seule avec Guédon.

Cette dernière était une assez vieille femme, qui avait bénéficié du prolong de première génération, aux cheveux naguère noirs, désormais gris métallique, et au visage couvert de rides bien définies. Elle présentait toutefois encore la silhouette haute et imposante d’une femme se maintenant en excellente condition physique, et les anneaux de tresse d’or cousus sur les manches de son uniforme reliaient presque ses poignets et ses coudes.

« Asseyez-vous, capitaine. » La voix de Guédon possédait une dureté et une légère raucité qui n’étaient pas déplaisantes mais lui donnaient un certain ton de commandement. Séguin s’était toujours demandé s’il s’agissait d’une qualité naturelle ou si l’amiral les avait sciemment cultivées.

« Merci, madame. » Comme le capitaine obéissait, sa supérieure contourna la table de travail et se posta devant, s’y appuyant tout en croisant ses bras tressés d’or.

« Je me rends compte que vous n’avez pas la moindre idée de la raison pour laquelle je voulais vous voir, capitaine, dit-elle, allant droit au but avec son habituelle brutalité. Eh bien, je suis sur le point de vous l’expliquer. Quand j’aurai terminé, vous regagnerez votre vaisseau, lequel se rendra en Péquod où vous remplirez une mission ultrasecrète que le président et le cabinet estiment vitale pour les intérêts et la sécurité de notre nation. Vous ne discuterez de cette mission, de ses paramètres et de ses détails avec personne – jamais – sans mon autorisation personnelle expresse. Vous n’y penserez même jamais sans mon autorisation personnelle expresse. Mais vous l’accomplirez sans faute, capitaine, car, si vous ne le faites pas, il n’y aura peut-être plus très longtemps de Nouvelle-Toscane. »

Séguin se pétrifia dans son confortable fauteuil, et Guédon eut un mince sourire.

« Je présume qu’à présent je dispose de toute votre attention, reprit-elle. Voici donc ce que vous allez faire…»

L'univers d'Honor Harrington - L'Ennemi dans l'Ombre T02
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